"Et puis si je dois mourir... je mourrai, on ne va pas faire le réveillon la dessus!
J'ai eu une vie extraordinaire, j'ai fait ce que j'aimais, je n'aurai pas de regrets.
Si, un seul, mais un grand regret ,si je dois partir : c'est le chagrin que je ferai à Maman et à ceux que j'aime..."
Là, je peux dire que t'as pas raté ton coup.
Le chagrin, c'est fait, on l'a pris de plein fouet, mais la tristesse... je reste dubitative...
Ne me viennent à l'esprit que de bons moments.
Comme beaucoup, je te connais depuis... trop longtemps.
Nous avons joué au Hockey ensemble.
Les matches c'était du genre :
"J'ai, barre toi!" Je me barrais, car avec Nicole et toi devant moi, quand par hasard
vous ratiez la balle, il me fallait faire un miracle pour ne pas prendre de goal!
Et puis il y avait les après matches... certains nous ont laissé un souvenir impérissable et il y a peu encore nous
avons ri aux larmes de notre exhibition "Boriquito" sur les tables de Louvain à Blanden.
D'un retour de Li Toré où nous avons durant toute la route du retour massacré les "Trois Cloches" à tue-tête.
D'un déplacement au Standard quand ta voiture a commencé à fumer, tu étais par terre de rire de me voir faire du
stop sans voir que derrière moi, déjà deux voitures s'étaient arrêtées...
Nous avons passé notre examen d'arbitrage ensemble avec Hubert comme examinateur...
"Méfies-toi" tu m'avais dit,
"il va pas nous rater."
Tu te souviens notre premier match ensemble, nous avions décidé de prendre le petit livre pour lire le règlement à
chaque coup de sifflet... Les machos de l' Héraklès que nous sifflions, n'avaient pas trouvé ça marrant, toi oui.
Et puis un verre au bar plus tard, il n'y paraissait plus.
Et puis des déplacements, des tournois et l'Héraklès... dont tu as porté haut et fort le nom et les couleurs sur tous
les continents. Un tournoi à Harare avec une équipe de jeunes de l'Héraklès :
"Vous êtes l'Héraklès de Belgique? Vous connaissez Christiane Asselman..."
Et puis hors Hockey, l'amitié, la franchise, l'aide, dès qu'il y avait un problème.
Christiane, c'est le premier sale tour que tu nous joues là, il n'est vraiment pas drôle !
D'ailleurs, j'en suis sûre, quand tu as ouvert la porte de la planète Hockey, ça a commencé par un
"Qu'est-ce que tu fous là!?"
Mais tu es en bonne compagnie là-haut ... et nous, nous sommes, que tu le veuilles ou non, tristes.
A Diou Christiane
Marie-Claude